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Maslenitsa et carnavals slaves : la semaine qui précède le Carême

Maslenitsa est la semaine qui précède le Grand Carême orthodoxe, du lundi 8 au dimanche 14 mars 2027. Cette fête de fin d'hiver se compare à la Masnytsia ukrainienne, aux Zapusty et Ostatki polonais, ainsi qu'au Mardi gras catholique, sans se confondre avec eux.

Traditions & société

Femme en foulard coloré tenant une pile de blinis lors d'une fête d'hiver en plein air
Blinis et fête de plein air : la semaine de Maslenitsa marque la fin de l'hiver.

Maslenitsa est la semaine de fin d’hiver qui précède le Grand Carême orthodoxe : en 2027, elle va du lundi 8 au dimanche 14 mars, tandis que Pâques orthodoxe tombe le 2 mai. Elle associe, selon les usages et les régions, des repas de blinis, des promenades, des jeux et le Dimanche du Pardon. Sa comparaison avec la Masnytsia ukrainienne, les Zapusty et Ostatki polonais ou le Mardi gras catholique éclaire une même fonction de passage avant le jeûne, mais aussi des calendriers et des rites distincts.

Quand tombe Maslenitsa en 2027

En 2027, Maslenitsa commence le lundi 8 mars et s’achève le dimanche 14 mars. Cette dernière journée est le Dimanche du Pardon. Le Grand Carême orthodoxe débute dès le lendemain, lundi 15 mars. La fête ne se situe donc pas à l’intérieur du Carême : elle en forme le seuil immédiat, une dernière semaine dont le régime alimentaire et les pratiques sociales préparent l’entrée dans le temps de jeûne.

Le calcul part de Pâques orthodoxe, célébrée le dimanche 2 mai 2027, soit le 19 avril dans le calendrier julien. Le Dimanche du Pardon se place quarante-neuf jours avant cette date : il tombe ainsi le 14 mars. En remontant au lundi précédent, on obtient la semaine du 8 au 14 mars. Le calendrier orthodoxe 2026-2027 de la paroisse russe d’Orléans permet de situer cette date pascale dans l’année liturgique.

Cette dépendance à Pâques explique que l’on ne puisse reporter mécaniquement les dates d’une année sur l’autre. Maslenitsa n’est pas une fête fixée à un jour civil immuable : elle appartient au cycle mobile qui conduit vers Pâques. Pour le lecteur qui compare des traditions chrétiennes, le contraste avec Noël orthodoxe et Noël catholique est utile : Noël est une fête de date fixe que les calendriers décalent, alors que Maslenitsa dépend du calcul mobile de Pâques.

Les repères essentiels pour 2027 sont les suivants :

  • lundi 8 mars : début de Maslenitsa ;
  • dimanche 14 mars : Dimanche du Pardon et dernier jour de la semaine ;
  • lundi 15 mars : début du Grand Carême orthodoxe ;
  • dimanche 2 mai : Pâques orthodoxe.

Ces dates donnent à la fête son sens premier dans le calendrier : elle est moins un simple carnaval printanier qu’une semaine placée juste avant un changement de régime religieux et alimentaire.

Une fête de seuil avant le Carême

Maslenitsa est la dernière semaine avant le Grand Carême orthodoxe. La viande y est exclue, tandis que les produits laitiers restent permis. Cette situation intermédiaire est décisive : elle ne correspond ni au repas ordinaire ni encore au jeûne complet qui commence le lundi suivant. Elle explique aussi pourquoi les nourritures laitières occupent une place si visible dans la mémoire de la fête.

La notice Maslenitsa d’Encyclopedia.com présente précisément cette semaine comme l’ultime moment précédant le Carême, avec l’exclusion de la viande et le maintien des laitages. Elle rapproche également, avec prudence, le nom Maslenitsa de maslo, « beurre ». Ce rapprochement étymologique ne dispense pas de regarder la fête dans son cadre concret : une période limitée, réglée par Pâques, et non une saison indéfinie.

L’origine de Maslenitsa est souvent attribuée à une fête slave préchrétienne liée à la sortie de l’hiver, ensuite intégrée au calendrier orthodoxe. Cette présentation, notamment relayée par Wikipédia, doit être entendue comme une attribution prudente plutôt que comme la preuve d’un rite demeuré inchangé. Elle indique une superposition de temporalités : le retour de la lumière et des sociabilités de fin d’hiver d’un côté, l’approche du Carême de l’autre.

Cette position de seuil aide à comprendre la variété des gestes associés à Maslenitsa. Ils peuvent relever de la table, de la visite, du jeu ou d’une cérémonie de pardon. Leur unité ne vient pas d’un scénario unique imposé partout, mais de leur place dans une semaine qui s’achève avant le jeûne. Les pratiques locales varient, et il serait trompeur d’en faire un cérémonial identique dans l’ensemble du monde slave.

On peut résumer cette logique en trois mouvements :

  • la restriction de la viande marque déjà l’approche du Carême ;
  • les laitages et les repas partagés maintiennent un temps de convivialité avant le jeûne ;
  • le Dimanche du Pardon donne à la veille du Carême une dimension relationnelle et religieuse.

Dans cette perspective, le mot « carnaval » peut être commode pour comparer les fêtes, à condition de ne pas effacer la place spécifique du Grand Carême orthodoxe et du Dimanche du Pardon dans Maslenitsa.

Pile de blinis dorés avec crème fraîche et confiture de baies sur une table en bois.
Les blinis, emblème de la semaine de Maslenitsa.

Les rites : blinis, traîneaux, mannequin et pardon

Les blinis sont l’emblème le plus connu de Maslenitsa. Selon les descriptions courantes de la fête, il s’agit de crêpes rondes associées au soleil. Cette association est à présenter avec précaution, car elle appartient aux interprétations transmises autour des rites de sortie de l’hiver. Elle n’en demeure pas moins un repère puissant : la forme ronde du blini a contribué à fixer l’image d’une fête où l’alimentation dialogue avec le retour attendu de la belle saison.

Il n’existe pas une seule manière de vivre cette semaine. Les sources mentionnent des promenades en traîneau, des jeux, des chants, des visites et des banquets. Ces éléments dessinent une fête de mouvement et de rencontre, plus qu’une cérémonie exclusivement domestique. Les échanges autour de la table peuvent être rapprochés, sans les confondre, des codes de l’hospitalité évoqués dans le thé russe et le samovar : dans les deux cas, la boisson ou le repas servent aussi à recevoir et à faire converser.

Un autre rite fréquemment associé à Maslenitsa est celui d’un mannequin de paille, souvent féminin, promené puis brûlé le dernier jour. D’après les descriptions courantes, ce geste accompagne la clôture de la semaine et l’imaginaire de la fin de l’hiver. Il ne faut pas le présenter comme un rite chrétien : l’attribution prudente d’une origine préchrétienne de la fête suffit à signaler la pluralité des couches symboliques en jeu.

Le dimanche introduit un registre différent. Il est appelé Dimanche du Pardon, Прощёное воскресенье. Les proches se demandent pardon ; la réponse traditionnelle est « Dieu pardonnera ». Cet échange ne gomme ni les réjouissances des jours précédents ni la diversité des pratiques, mais il donne à la dernière journée une orientation claire avant le Carême. La fête se clôt ainsi non seulement par un changement de nourriture, mais par une attention portée aux relations entre proches.

Les rites les plus souvent rapportés peuvent être lus sans leur attribuer une signification uniforme :

  • les blinis renvoient aux aliments permis durant cette semaine où les laitages demeurent autorisés ;
  • les traîneaux, jeux, chants et visites font de Maslenitsa un temps de sociabilité ;
  • le mannequin de paille et son brûlage marquent, dans les descriptions de la fête, la fin de l’hiver et de la semaine ;
  • la demande de pardon prépare explicitement l’entrée dans le Grand Carême.

Cette coexistence de pratiques explique pourquoi Maslenitsa résiste aux définitions trop simples. Elle est à la fois une semaine du calendrier orthodoxe, une période de repas et de visites, et un ensemble de rites dont la portée varie avec les lieux et les traditions.

Masnytsia, Zapusty, Ostatki : les voisins

La comparaison avec les traditions voisines doit commencer par les mots eux-mêmes. En Ukraine, la fête est appelée Masnytsia, Масниця. Les pratiques y varient selon les régions. En Pologne catholique, Zapusty désigne la saison carnavalesque, tandis qu’Ostatki désigne ses derniers jours, surtout le mardi précédant le mercredi des Cendres. Ces appellations ne sont pas de simples traductions l’une de l’autre : elles organisent différemment le temps précédant le jeûne.

Fête ou terme Cadre indiqué Moment dans le cycle Éléments signalés
Maslenitsa Tradition orthodoxe slave, notamment russe Dernière semaine avant le Grand Carême orthodoxe Viande exclue, laitages permis, blinis, promenades, pardon
Masnytsia Ukraine Fête apparentée, avant le Carême orthodoxe Pratiques variables selon les régions
Zapusty Pologne catholique Saison carnavalesque Désigne l’ensemble de la période carnavalesque
Ostatki Pologne catholique Derniers jours des Zapusty Surtout le mardi avant le mercredi des Cendres
Mardi gras Calendrier catholique Dernier jour avant le mercredi des Cendres Repère terminal avant le Carême

Le tableau met en évidence une parenté de fonction plutôt qu’une identité de rites. Partout, il s’agit de nommer ou de vivre une période précédant le jeûne. Mais Maslenitsa est définie par une semaine complète précédant le Grand Carême orthodoxe, alors qu’Ostatki désigne plus précisément les derniers jours de la période carnavalesque polonaise. Masnytsia, pour sa part, invite à ne pas réduire l’Ukraine à une copie d’usages russes : les pratiques ukrainiennes varient d’une région à l’autre et ne se déduisent pas des usages russes.

Les mots permettent aussi de mesurer l’intérêt d’une histoire culturelle attentive aux circulations sans effacer les particularités. La Russie : histoire, culture, idées fournit un cadre plus large pour situer les traditions russes dans leurs langues, leurs pratiques et leurs héritages. Maslenitsa y apparaît non comme un isolat, mais comme l’une des expressions d’un vaste voisinage religieux et culturel.

Mannequin de paille coiffé d'un foulard fleuri dans un champ enneigé, devant des maisons de bois.
Un mannequin de paille, image associée à la fin de l'hiver dans les descriptions de la fête.

Il convient toutefois de ne pas fabriquer une unité artificielle du « carnaval slave ». Le terme peut désigner une comparaison utile, mais il faut distinguer les noms, les calendriers et les pratiques attestées. La proximité de fonction, avant le jeûne, n’autorise pas à attribuer automatiquement à Masnytsia, aux Zapusty ou aux Ostatki les rites décrits pour Maslenitsa.

Mardi gras et Maslenitsa : deux calendriers

En 2027, Pâques occidentale tombe le dimanche 28 mars. Le mercredi des Cendres est donc le 10 février, et Mardi gras le 9 février. Maslenitsa se tient beaucoup plus tard, du 8 au 14 mars, parce qu’elle dépend de Pâques orthodoxe, célébrée le 2 mai. La différence n’est donc pas une anomalie ni un décalage arbitraire : elle résulte de deux cycles pascals qui ne coïncident pas cette année-là.

La comparaison des dates rend la distinction particulièrement nette :

  • Mardi gras catholique : mardi 9 février 2027 ;
  • mercredi des Cendres : mercredi 10 février 2027 ;
  • Maslenitsa : du lundi 8 mars au dimanche 14 mars 2027 ;
  • début du Grand Carême orthodoxe : lundi 15 mars 2027 ;
  • Pâques orthodoxe : dimanche 2 mai 2027.

Mardi gras est le dernier jour avant le mercredi des Cendres. Maslenitsa, elle, est une semaine entière avant le Grand Carême orthodoxe, dont la conclusion est le Dimanche du Pardon. Les deux séquences ont donc en commun d’être des seuils avant un temps de jeûne, mais leur découpage n’est pas le même. La fonction comparative ne doit pas faire oublier cette différence de durée et d’organisation.

Le calendrier est également lié à une différence de tradition calendaire, présentée ici comme l’opposition entre le cadre orthodoxe, avec sa référence julienne, et le calendrier catholique. Pour 2027, l’écart est visible sans qu’il soit nécessaire de lui chercher une explication simplificatrice : il suffit de constater les deux dates pascales, le 28 mars et le 2 mai, puis les fêtes qui en découlent.

Le rapprochement entre Mardi gras et Maslenitsa devient ainsi plus précis. Il ne repose pas seulement sur les crêpes ou les repas festifs, mais sur une structure temporelle commune : avant le jeûne, une période permet encore une sociabilité, des aliments autorisés et des pratiques collectives. Les formes prises par cette période restent cependant propres à chaque tradition.

Ce que la fête raconte de la Russie et de ses voisins

Maslenitsa raconte d’abord une manière d’habiter le calendrier. La fête relie des gestes très concrets : manger des blinis, rendre visite, participer à des jeux ou demander pardon, à une échéance liturgique mobile. Elle montre que le temps religieux ne se réduit pas à une date inscrite sur un agenda : il ordonne une succession, de la semaine sans viande au début du jeûne, puis à Pâques.

Elle raconte aussi une histoire de couches culturelles. L’attribution prudente d’une origine préchrétienne liée à la sortie de l’hiver, puis l’intégration au calendrier orthodoxe, empêchent de réduire la fête à une seule origine. Le mannequin de paille, par exemple, ne doit pas être qualifié de rite chrétien. Le Dimanche du Pardon, en revanche, inscrit clairement le dernier jour dans la préparation au Grand Carême. L’intérêt historique est précisément de tenir ensemble ces éléments sans les confondre.

La comparaison avec l’Ukraine et la Pologne rappelle enfin que les voisinages culturels ne produisent pas l’uniformité. Masnytsia porte un nom propre et connaît des pratiques régionales variables. Zapusty et Ostatki appartiennent au cadre catholique polonais et organisent autrement la période carnavalesque. Mardi gras, en 2027, survient encore à une autre date. Ces différences ne diminuent pas la comparaison : elles lui donnent son objet.

Pour le lecteur, Maslenitsa peut donc être comprise à partir de quatre repères simples : une semaine précédant le Carême orthodoxe, des laitages encore permis tandis que la viande est exclue, des rites festifs dont les usages locaux varient, et un dernier dimanche consacré au pardon. En 2027, ces repères se concentrent entre le 8 et le 14 mars. Ils permettent de regarder la fête dans sa réalité calendaire, dans ses formes sociales et dans le réseau de traditions européennes auquel elle appartient.

Questions fréquentes

Quand a lieu Maslenitsa en 2027 ?

Maslenitsa se déroule du lundi 8 mars au dimanche 14 mars 2027. Son dernier jour est le Dimanche du Pardon. Le Grand Carême orthodoxe commence le lundi 15 mars 2027. Pâques orthodoxe tombe le dimanche 2 mai 2027.

Pourquoi Maslenitsa change-t-elle de date chaque année ?

La date de Maslenitsa dépend de celle de Pâques orthodoxe. Le Dimanche du Pardon se place quarante-neuf jours avant Pâques, et la semaine de Maslenitsa s'achève ce dimanche. En 2027, Pâques orthodoxe est le 2 mai, ce qui fixe le Dimanche du Pardon au 14 mars. La fête occupe donc la semaine du 8 au 14 mars.

Peut-on manger de la viande pendant Maslenitsa ?

Non, la viande est exclue pendant la semaine de Maslenitsa. Les produits laitiers restent toutefois permis avant l'entrée dans le Grand Carême orthodoxe. Cette place alimentaire explique le rapprochement, présenté avec prudence, entre le nom de la fête et maslo, qui signifie beurre. Les blinis sont ainsi devenus l'un de ses signes les plus connus.

Quelle différence y a-t-il entre Maslenitsa et Mardi gras en 2027 ?

Maslenitsa précède le Grand Carême orthodoxe, tandis que Mardi gras est le dernier jour avant le mercredi des Cendres dans le calendrier catholique. En 2027, Mardi gras tombe le 9 février et le mercredi des Cendres le 10 février. Pâques occidental est le 28 mars 2027, alors que Pâques orthodoxe est le 2 mai 2027. Les deux fêtes ont une fonction de seuil avant le jeûne, mais elles suivent des calendriers différents.

Que signifient Masnytsia, Zapusty et Ostatki ?

Masnytsia est le nom ukrainien de la fête apparentée à Maslenitsa, avec des pratiques qui varient selon les régions. En Pologne catholique, Zapusty désigne la saison carnavalesque. Ostatki désigne les derniers jours de cette période, surtout le mardi qui précède le mercredi des Cendres. Ces termes renvoient à des usages voisins, mais non identiques.

Par la rédaction d'Idées & Nations. Notre méthode et nos sources.